dimanche 8 décembre 2013

Est-il possible de n'utiliser que du libre aujourd'hui ?

Cette question a fait, fait et fera sans doute toujours débat mais nous allons tenter de manière objective en nous plaçant dans la perspective d'un néophyte en 2013. Cela vous semble sûrement assez éloigné du thème du blog, mais à y regarder de plus proche, c'est assez lié : en effet, qui dit logiciel non-libre, dit logiciel souvent payant (même si un logiciel gratuit peut-être non libre et même inversement même si je n'en connais aucun exemple) et donc potentiellement téléchargement illégal (crack puis, en général, virus).

Commençons par le commencement, le système d'exploitation : nous n'avons pas le choix et devons prendre un système Linux (entièrement open-source). Comme dit précédemment, nous sommes néophytes, nous prenons donc une distribution au design attrayant et aux couleurs chatoyantes, j'ai nommé Ubuntu (surnommé le "Linux des noobs", ça tombe plutôt pas mal, c'est ce qu'on cherche).
Bien, commençons par détailler un peu ce système : Ubuntu utilise Debian et donc on peut y installer un très grand nombre de "packets" (c'est le nom des logiciels) stockés dans une "logithèque" (une sorte de store dans lequel beaucoup de chose sont gratuites !). Apparemment, le nombre de programmes disponibles ne devrait pas nous poser de problème pour aller sur Internet, faire du traitement de texte et de la retouche photo (ce sont les trois points que nous allons étudier ici, qui sont, à mon sens, trois utilisations lambda de l'utilisateur lambda sur un PC lambda dans une vie lambda). En revanche, l'interface diverge un petit peu de nos habitudes mais, force est de constater, qu'après quelques heures d'utilisation, tout peut être maîtrisé sans trop de souci comme le prouvent ces images :

Un bureau Ubuntu classique


Dans cet Ubuntu, sont livrés des softwares également libres ; on a donc la panoplie LibreOffice et Mozilla Firefox (en gros, c'est ce qui nous intéresse).
Cette panoplie LibreOffice tombe à pic puisque, comme tout utilisateur lambda nous aimerions faire du traitement de texte afin de rendre notre dissert' de philo (que nous devions faire depuis plus d'une semaine...) avec quelques paragrap... citations copiées sur Internet ! Il faut admettre que, pour ce genre d'usage, LibreOffice suffit amplement et vous permettra même de lire ce document proprement sur Word si vous changez de PC. En revanche, si notre utilisateur lambda se lance dans quelque chose de plus complexe, il va rencontrer 2 difficultés : la première résidera dans la mauvaise ergonomie de ce logiciel ce qui peut se révéler assez prise de tête : en effet, on peut critiquer beaucoup de choses chez Microsoft Office mais force est de reconnaître que son ergonomie n'a fait que s'améliorer au fil des version : alors qu'Open Office luttait vaillement contre les versions 2003 de Word, à partir de la version 2007, Microsoft prit un avantage en terme de clarté et de simplicité d'utilisation qu'il ne lâchera plus.
On peut déplorer, en tant que "technicien", cette simplicité mais il est évident, que, dans le cas de notre utilisateur classique (et ces utilisateurs représentent 95% des utilisateurs), ça ne peut être que vu comme un avantage presque décisif !
Enfin, la deuxième difficulté à laquelle cet utilisateur va être confronté est la compatibilité : en effet, en cas de travail collaboratif (je ne suis pas certain qu'un devoir de philo, si j'en réfère à mon expérience, ne soit pas quelque de chose de très collaboratif !), pour peu que vous ayez une mise en page un peu recherchée, elle sera réduite à néant au passage de Word vers OpenOffice (ou LibreOffice, comme vous préférez) et inversement : la fonction d'export d'un format vers l'autre n'est que poudre aux yeux... Donc pour résumé, vous pouvez utiliser sans trop de peine un logiciel entièrement libre à la condition sine qua none que vous travailliez qu'avec des gens qui utilisent ce genre de logiciel.
Enfin, pour ceux qui refuseraient (et ça se comprend parfaitement) de donner chaque année une obole à cette société sans le sou qu'est Microsoft (oui les licences Office sont annuelles désormais...), il existe une solution peu connue, très flexible et parfaitement conçue pour un travail collaboratif, il s'agit de la suite bureautique de Google Drive qui est gratuite et se base sur des formats propriétaires de Microsoft (ce qui facilite la collaboration). Certes, cette solution n'est pas libre mais a au moins le mérite d'être gratuite.

Bien, maintenant que nous avons vu le tableau peu reluisant de ce qu'était l'état du logiciel libre en matière de traitement de texte, passons à quelque chose de nettement mieux : les navigateurs Internet. Ces derniers ont été l'objet de nombreuses guerres commerciales entre les différents acteurs et ont tous des identités assez différentes ; étant donné le nombre important de ces logiciels aujourd'hui au cœur de nos systèmes d'exploitation, il était évident que nous en trouverions un open source (je sais, je mélange libre et open source mais les deux sont très très proches, la preuve ici).
Il existe pléthore de navigateurs Internet libres mais le plus connu étant libre est sans doute Mozilla Firefox, devenu une référence, même sur Windows (et plus uniquement sur nos chères machines Linux).
Il n'y a pas grand chose à ajouter si ce n'est que Firefox est au-dessus de bien des navigateurs propriétaires (notamment le plus connu d'entre eux Internet Explorer) et ne se fait dépasser par un seul, Google Chrome (même si cette affirmation est totalement subjective et personnelle).
Il est cependant intéressant de noter que notre cher navigateur Chrome est codé à Munich (à côté de chez moi pour être plus précis) mais surtout qu'il en existe une version libre (ça, ça peut vous intéresser) nommée Chromium. Cette version libre est la base du navigateur Chrome mais peut-être utilisée tout à fait décemment. Vous trouverez les différences entre ces deux navigateurs jumeaux ici (même si on peut considérer que Chrome n'est pas un clone de Chromium mais plutôt son extension).
Côté navigateur, avantage au libre donc passons maintenant à un secteur un peu plus délicat, la retouche photo.

Photoshop

Gimp
Bien sûr, il est indéniable que, qui dit retouche photo dit Photoshop, et, dans une plus grande mesure, toute la suite intitulée la "Creative Suite" d'Adobe. Cependant, il est intéressant de noter qu'il existe de très bonnes alternatives libres et gratuites de cette machine de guerre logicielle : j'ai nommé GIMP en tant que concurrent de Photoshop et Inkscape en tant que concurrent d'Illustrator.
Il est évident, qu'au premier abord, on pourrait croire à une blague : en effet, l'idée ne viendrait à aucun graphiste digne de ce nom d'utiliser autre chose que Photoshop. Cependant, dans le cadre de notre "expérience" il s'agit d'un utilisateur lambda et non d'un talentueux graphiste.
D'un point de vue interface, il est certain que Photoshop apparaît plus complet et plus professionnel mais, pour les opérations de base, on ne ressent pas une différence énorme, constatez par vous-même : (oui, veuillez excuser cette présentation que nous qualifierons expérimentale !).
Si on s'arrête aux outils, il n'y a pas de différence flagrante et pour un néophyte, cela semblera aussi incompréhensible l'un que l'autre.
Mais la différence est bien réelle et existe aussi bien dans la qualité des outils (loin de moi l'idée de dénigrer GIMP mais il faut reconnaître que les outils de sélection, par exemple, sont bien plus performants sur Photoshop), que dans l'exhaustivité des menus et que dans les possibilités d'export (vers les autres logiciels de la suite, c'est ce qui fait la force d'Adobe).
Après, la question est la suivante, tous ces avantages valent-ils aussi cher ? Il n'y a pas de réponse, certes Photoshop a toujours été cher, mais pour un pro ça le vaut largement tandis que pour un néophyte beaucoup moins (à part si vous êtes un p*****n de hipster qui a un iPhone 5s et qui est pas foutu de faire ces effets de tapet... très élégants avec autre chose que Photoshop) ; mais, pour vous en servir une fois par mois, pour rajouter une moustache à votre pote bourré, GIMP suffit amplement.
Pour la retouche de photo, il n'y a donc pas de réponse, ça dépend complètement des usages.
Pour le dessin vectoriel, il n'y a pas de réponse non plus et vous savez pourquoi ? Parce qu'un utilisateur lambda n'a aucune idée de ce que c'est et que les cliparts propriétaires qu'il télécharge massivement grâce à Google Image lui suffisent amplement.

Pour finir, je dirais, qu'à part pour le traitement de texte qui est vraiment compliqué sans Office (ce qu'à parfaitement compris Microsoft qui a mis ce logiciel au cœur de ses tablettes, ne rendant pas meilleures pour autant ; j'ai écrit un article là dessus sur Radio VL), il est tout à fait envisageable d'utiliser du libre. Après vous pouvez toujours décider de faire ce traitement de texte sous Open Office, ça marche aussi mais faut travailler seul ou obliger les autres à se servir du même outil (pareil pour Photoshop d'ailleurs...). Il est cependant toujours possible d'écrire ses textes en LaTeX, lire les pages web en HTML et retoucher les fichier binaires de ses photos (bon si vous en êtes à ce point, faut se faire soigner urgemment).

Vu que je suis quelqu'un de très sympa, je vous propose les différent liens afin que vous puissiez avoir cette myriades de logiciels tranquillement chez vous :
OpenOffice ici
GIMP ici
Ubuntu ici
Firefox ici
Chromium ici
Suite Office de Google Drive ici

Et, si je suis pas parvenu à vous convaincre, voilà les liens vers les logiciels payants :

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